Soulèvements sociaux : destructions et expérience sensible de la violence

Depuis 2010, des contestations d’ampleur ont agité bon nombre de contextes nationaux. Si elles renvoient à des situations et des enjeux politiques à chaque fois spécifiques, il existe des expériences partagées et des récits concordants entre eux.

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Revue 'Socio', n°16, mars : 'Soulèvements sociaux : destructions et expérience sensible de la violence', éditions de la MSH

Sous la direction de Pauline HACHETTE et Romain HUËT

Aux ressources argumentatives classiques (lutte contre la précarité, l’injustice, les inégalités économiques, etc.) s’ajoute une revendication à l’élargissement des orientations du vivre, des formes de vie, en somme à une transformation existentielle des manières d’être. Ce retour du registre culturel, éventuellement romantique, dans la scène politique interroge tant du point de vue de ce qu’il dit de notre époque que dans sa capacité à tracer un avenir, des perspectives dans l’organisation du monde et dans le dépassement des contingences capitalistiques.

Les soulèvements contemporains se singularisent également en tant qu’ils ont tendance à s’accompagner à un moment ou à un autre de violences plus ou moins grandes. Cette recrudescence de la violence, généralement de faible intensité inquiète en particulier devant le constat d’une rupture des pratiques de délibération et d’une incapacité du système démocratique à faire face à la montée des postures radicales, à l’impatience populaire, et aux accès de colère voire de rage.

Deux questions centrales sont ainsi étudiées dans ce numéro : pourquoi le recours à la violence et à la destruction matérielle attire-t-il au point que nombreux sont ceux qui y prennent aisément une part active ? Et que dit la généralisation des pratiques de violence et de l’agir destructif de notre époque et des attentes existentielles qui se nichent en leur creux ? En d’autres termes, que disent ces phénomènes sur notre époque, sur les attitudes qui se développent face au monde et sur la façon dont les révoltés s’y prennent pour le domestiquer ?

  • Ce numéro aborde un sujet brûlant de l’actualité récente, celui des mouvements de contestation que le monde a connus ces dernières années.
  • Il permet de penser une cohérence de ces mouvements a priori disparates et d’analyser ce qu’ils signifient dans l’évolution de nos sociétés.
  • Des chercheurs de renom et spécialistes de ces questions donnent leurs analyses originales, tels le sociologue Alain Bertho ou les historiens Quentin et Quentin Deluermoz et Hervé Mazurel.
  • Avec un texte-témoignage de Pierre Meunier particulièrement sensible.

Pauline Hachette

Pauline Hachette est membre de l’équipe FabLitt (EA 7322) et membre associé du CEMTI (EA 3388). Elle est docteure en littérature et langue françaises, spécialité sémiotique, et agrégée de lettres modernes. Elle travaille notamment sur la question des émotions en littérature et dans les arts, ainsi que sur les discours et dispositifs sociaux qui les prennent pour objets.

Romain Huet

Romain Huet est maître de conférences en sciences de la communication. Il s’intéresse aux violences, que celles-ci soient dirigées contre soi ou contre le monde. Il est également l’auteur aux Puf du Vertige de l’émeute (2019) et coréalisateur (avec Laurent L’Hermite) du film documentaire Après le printemps. Vies ordinaires des combattants syriens (2017).

Socio

Revue dirigée par Michel Wieviorka et Laëtitia Atlani-Duault

Jeune revue de sciences sociales, Socio est née de la volonté de témoigner de la vitalité, parfois masquée cependant incontestable, que connaissent les sciences sociales, engagées dans un processus de globalisation, de renouvellement de leurs objets, de redéfinition de leurs perspectives théoriques.

Socio donne corps à cette vitalité en reconnaissant l’importance et l’utilité des disciplines classiques – anthropologie, sociologie, etc. – tout en valorisant la pluridisciplinarité.

La revue est ouverte à tous ceux qui assurent l’interface avec d’autres disciplines du savoir et à ceux – médecins, juristes, travailleurs sociaux, par exemple – et contribuent par leur profession à la production de connaissances socialement pertinentes. Elle s’inscrit dans une logique d’internationalisation des sciences humaines et sociales et plaide pour que soient le plus possible articulés différents niveaux d’analyse, du mondial au local en passant par le régional et le national.

Socio paraît sur papier et en ligne, deux à trois fois par an. Chaque livraison comporte un dossier, consacré à un questionnement précis, et des articles varia. Socio encourage l’originalité, tout en veillant à l’exigence scientifique des textes qui sont publiés ; la rigueur de la pensée, tout autant que la qualité de l’écriture ; la diversité des approches, mais aussi le souci du débat et de l’échange intellectuel.

Précédents numéros

La technique y pourvoira ! dirigé par Daniel Compagnon et Arnaud Saint-Martin

Science et science-fiction dirigé par Stéphane Dufoix et Julien Wacquez

Prisons dirigé par Natalia Muchnik et Falk Bretschneider

Immanuel Wallerstein : héritages et promesses dirigé par Yves David Hugot, Stéphane Dufoix et Michel Wieviorka

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Commenter cet article
B
Vive l'indépendance des peuples souverains et quittons le pays artificiel qui nous soumet...<br /> Bon Jeudi
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B
pas simple l'indépendance
T
ce sont surtout les forces de l' ordre qui augmentent la violence
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B
C'est plus complexe je pense