Alexis Salatko remporte le Prix du Livre Nohée 2026 avec L’enfant à la tête baissée, par quatre voix sur six.

Alexis Salatko sacré au Prix du Livre Nohée 2026
Alexis Salatko vient de recevoir le Prix du Livre Nohée 2026 pour son roman L’enfant à la tête baissée, publié chez Denoël en août 2025. L’annonce a été faite le 13 octobre 2026. Ce prix, doté de 5 000 €, récompense chaque année un roman ou un récit en langue française autour de la famille et de la transmission.
Si vous avez suivi la sélection, vous connaissez déjà les trois finalistes du Prix du Livre Nohée 2026 que je vous présentais cet été. Voici le dénouement.
Un vote serré : quatre voix sur six
Le lauréat l’a emporté par quatre voix sur six. Il devance deux autres finalistes :
- Michaël Dichter, pour On l’appelait Bennie Diamond (Les Léonides, janvier 2026) ;
- Louis Raymond, pour Loin du Mékong (Calmann-Lévy, janvier 2026).
La délibération s’est tenue le 14 septembre à la résidence Nohée d’Issy-les-Moulineaux, dans la médiathèque. Elle a été suivie du vote et du dépouillement, en présence de quelques résidents et d’ambassadrices du Club de Lecture.
Un jury présidé par Brigitte Fossey
Le jury était présidé par Brigitte Fossey, entourée d’Éric Bouhier, Philippe Grimbert, Francesca Mantovani et Pascale Senk. Élodie Fondacci, absente ce jour-là, avait transmis son vote à Florence Batisse-Pichet, secrétaire générale du prix.
L’enfant à la tête baissée d’Alexis Salatko : l’histoire d’Alio
Alio souffre d’un trouble rare qui l’empêche de manger devant les autres. Il grandit à Cherbourg avec le sentiment d’être différent. Fragile et moqué par ses camarades, il trouve refuge dans les livres que sa mère lui met entre les mains. Peu à peu, la lecture devient sa manière d’habiter le monde.
Le roman est largement inspiré du parcours de l’auteur. Il parle d’enfance, de différence, de résilience et du pouvoir réparateur de la littérature.
Ce que le jury a dit du roman d’Alexis Salatko
Les membres du jury ont chacun relevé une qualité différente du livre :
- Brigitte Fossey y voit « la naissance d’une écriture », c’est-à-dire d’une voix ;
- Philippe Grimbert salue un ton « drôle, inventif, joyeusement foutraque » ;
- Francesca Mantovani parle d’« un très beau livre sur la résilience », porté par la rencontre avec Jacques Prévert ;
- Pascale Senk apprécie la famille dysfonctionnelle et le personnage de la mère, tout en y lisant davantage un récit qu’un roman de la transmission ;
- Éric Bouhier a coché cent pages et note qu’il n’y a pas une page sans référence à la littérature, au cinéma, à la peinture ou au théâtre.
Qui est Alexis Salatko ?
Scénariste et écrivain, Alexis Salatko est l’auteur de Horowitz et mon père (prix Jean-Freustié et Grand Prix littéraire de Saint-Émilion). On lui doit aussi Un fauteuil au bord du vide (prix François-Mauriac de l’Académie française et prix Reine-Mathilde) et Jules et Joe (prix des Hussards 2023). Avec L’enfant à la tête baissée, il signe l’un de ses romans les plus personnels.
L’Enfant à la tête baissée : Quand la lecture relève la tête
Pour moi, ce qui rend ce roman singulier tient à son point de départ. Un enfant qui ne peut pas manger devant les autres vit sa différence dans le silence et la honte. Personnellement, je trouve que c’est un territoire rarement exploré par la fiction, et le choisir demande du courage.
Ma lecture s’arrête surtout sur la place des livres. Une mère qui glisse des romans dans les mains de son fils, c’est la transmission dans son geste le plus simple et le plus concret. Je suis sensible à cette idée que la lecture offre un refuge, puis une façon de tenir debout.
Je rejoins aussi Pascale Senk sur un point : on tient peut-être davantage un récit qu’un roman. Pour moi, cela ne retire rien à la force du livre, bien au contraire. Cette part d’autobiographie lui donne du poids, d’autant que le jury évoque un ton drôle et inventif. Quand la gravité d’un sujet s’allie à la légèreté de l’écriture, c’est souvent le signe d’un auteur qui a eu le temps de mûrir ce qu’il avait à dire.
Je referme cette présentation avec l’envie de me plonger dans ces pages, pour voir de mes yeux comment la littérature peut guérir de n’être que ce qu’on est, selon la belle formule de Brigitte Fossey.
Nohée, le Club de Lecture et la reading party au Musée Postal
Le prix est porté par le Club de Lecture Nohée, présent dans 39 résidences en partenariat avec la librairie Mollat. Les résidents désignent les trois finalistes parmi six titres, puis le jury choisit le lauréat. Dans chaque club, l’annonce est célébrée lors d’un moment festif. Vous pouvez en découvrir davantage sur le site officiel du Club de Lecture et du Prix du Livre Nohée.
Nouveauté : avec The Offline Club Paris, Nohée organisera dans les prochains mois une reading party ouverte au public, sur inscription, autour du livre lauréat. Elle aura lieu au Musée Postal, à l’occasion de l’exposition « Il était une fois… La Poste et les Contes de Fées ». On y lira ensemble, en silence, sans écran, avant d’échanger.
Les lauréats des éditions précédentes
- 2025 : Sandrine Collette, Madelaine avant l’aube (JC Lattès)
- 2024 : François Garde, Mon oncle d’Australie (Grasset)
- 2023 : Marie Charrel, Les mangeurs de nuit (L’Observatoire)
- 2022 : Mathias Malzieu, Le Guerrier de Porcelaine (Albin Michel)
- 2021 : Olivier Mak-Bouchard, Le Dit du Mistral (Le Tripode)
- 2020 : Anne Icart, Lettres de Washington Square (Robert Laffont)
FAQ : vos questions sur le prix
Alexis Salatko, pour L’enfant à la tête baissée (Denoël, août 2025).
Le Prix du Livre Nohée est doté de 5 000 €. Il a été créé en 2020.
Un roman ou un récit en langue française sur la famille et la transmission.
Elle est ouverte au public sur inscription, dans les prochains mois. Le communiqué ne précise pas encore la date.
Conclusion : quand un livre apprend à relever la tête
Ce Prix du Livre Nohée 2026 met en lumière un roman où la différence devient une force, et où les livres tendent la main à un enfant fragile. Alexis Salatko y a trouvé une voix, et le jury l’a entendue.
💬 Et vous ? Avez-vous lu L’enfant à la tête baissée, ou avez-vous un livre qui vous a aidé à « relever la tête » ? Dites-le-moi en commentaire, j’aime vous lire !






