Ici tombent les filles est une œuvre qui vous agrippe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher, mêlant la noirceur d’un conte à la force d’une dystopie climatique.

Titre : Ici tombent les filles
Autrice : Stephene Gillieux
Date de parution : 15 janvier 2026
Nombres de pages : 254 pages
Éditeur : Editions Phébus
ISBN : 9782752915047
L’entrée en littérature de Stephene Gillieux est de celles que l’on n’oublie pas. Avec ce récit, elle nous offre une plongée organique et terrifiante dans les secrets d’une famille isolée sur « la Butte », où la nature sauvage devient le théâtre d’un rituel barbare. Personnellement, j’ai été transporté par cette atmosphère lourde, portée par une plume d’une précision chirurgicale. Si vous cherchez un premier roman qui bouscule vos certitudes, vous êtes au bon endroit.
Ici tombent les filles : une immersion dans le huis clos de la Butte
L’intrigue de Ici tombent les filles se déroule dans un futur proche, là où le dérèglement climatique a redessiné les frontières de l’humain. Dans ce décor de montagne, nous suivons Dag, Pilha et Mette, trois sœurs vivant sous l’autorité d’un père mutique et d’une mère spectrale. Pour moi, le génie de ce livre réside dans la création de ce domaine ancestral, la Butte, qui fonctionne comme un personnage à part entière.
Le père, obsédé par une lignée qu’il croit maudite, impose des rituels ancestraux où le corps des femmes est perçu comme une menace. Lorsque l’aînée, Pilha, est atteinte de la « maladie du sang », elle est conduite au Mont… et ne revient jamais. C’est à ce moment que le récit bascule dans une tension insoutenable. Ce premier roman parvient à instaurer un malaise croissant qui m’a personnellement glacé le sang.
L’emprise patriarcale au cœur de l’intrigue de Ici tombent les filles
Le thème central de Ici tombent les filles est sans conteste celui de la domination. Stephene Gillieux, psychologue clinicienne de profession, infuse son expertise dans la psychologie des personnages avec une finesse rare. Elle décortique les mécanismes du silence et de la transmission toxique au sein de la cellule familiale.
J’ai trouvé particulièrement frappante la figure de Finn, le fils tant attendu. Bien que garçon, il est incapable de répondre aux attentes viriles et brutales de son père, devenant une autre victime, plus subtile, de ce système oppressif. Le roman explore avec brio comment l’emprise peut transformer une demeure en prison dorée, puis en abattoir symbolique. Pour en savoir plus sur les détails de l’édition, vous pouvez consulter la fiche de Ici tombent les filles chez Phébus.
Un style organique et viscéral qui bouscule les codes
Ce qui m’a le plus marqué dans ma lecture, c’est la langue. Stephene Gillieux n’écrit pas, elle sculpte la matière. Son écriture est charnelle, sensorielle, presque tellurique. Elle travaille les textures, les odeurs de la forêt et les gestes répétitifs du quotidien qui deviennent les métaphores de l’enferment.
Pour moi, on se situe ici dans la lignée d’auteurs comme Jean-Baptiste Del Amo ou Gabriel Tallent. Il y a une cruauté poétique dans la scène d’ouverture — une renarde massacrée — qui donne immédiatement le ton. On n’est pas dans une simple lecture de divertissement, mais dans une expérience littéraire immersive. J’ai ressenti chaque branche griffant la peau de Dag, chaque silence pesant dans la cuisine familiale.
Pourquoi Ici tombent les filles est une dystopie écoféministe majeure
Au-delà du conte horrifique, Ici tombent les filles résonne comme une fable écoféministe. Le lien entre la destruction de la nature et le contrôle du corps des femmes est omniprésent. Dag, la narratrice, est une enfant de la forêt. C’est par son intuition et sa connexion viscérale avec le monde sauvage qu’elle puise la force de briser le cycle de la violence.
Personnellement, j’ai adoré voir comment ces héroïnes « badass », bien que fragilisées par des années d’oppression, parviennent à trouver des failles dans le système paternel. Le livre ne triche jamais : la violence est là, brute, mais l’espoir de survie luit comme une petite flamme au milieu d’un blizzard. C’est un texte qui célèbre la résilience et la sororité face à la barbarie.
FAQ : Tout savoir sur le roman de Stephene Gillieux
Ce roman offre une expérience sensorielle unique mêlant tension psychologique et poésie sombre, idéal pour les amateurs de récits puissants sur la famille et la survie.
Il s’agit d’un croisement entre le conte horrifique, la dystopie climatique et le drame familial, souvent qualifié de roman « gothique rural » ou écoféministe.
Stephene Gillieux est une psychologue clinicienne française. Sa connaissance profonde des traumas familiaux nourrit la justesse et la noirceur de son écriture romanesque.
Un verdict sans appel pour ce chef-d’œuvre
En conclusion, ma lecture d’Ici tombent les filles m’a laissé une empreinte durable. C’est un texte qui impose son univers avec une autorité bluffante pour un premier essai. Entre la noirceur des rituels et la splendeur sauvage de la nature, Stephene Gillieux signe un livre époustouflant et glaçant dont on sort transformé. Pour moi, c’est la révélation littéraire de cette année, une œuvre qui continue de résonner en nous bien après avoir refermé la dernière page.
Et vous, êtes-vous prêts à monter sur la Butte ? Dites-nous en commentaire si vous aimez les romans qui explorent les zones d’ombre de la famille ou si cette ambiance de conte noir vous attire !







4 commentaires
La dystopie du climat m’ennuie au delà de toute expression mais, malgré tout, le livre me tente !
Alors, bonne lecture.
Je vois que tu qualifies ce livre de chef d’oeuvre ! Je suis attirée par ce mélange intrigant et qui a l’air plutôt réussi de conte, dystopie écologique et réflexion sur l’emprise psychologique.
Je le recommande vivement.