Je voulais tellement qu’elle m’aime, un roman sentimental lesbien autour d’une spirale infernale

Dans "Je voulais tellement qu'elle m'aime...", son dernier roman, Jacqueline Duvary continue d'explorer toutes les facettes des amours lesbiens.  Avec, cette fois, un regard incisif sur la passion dévastatrice et les personnalités toxiques.

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Je voulais tellement qu’elle m’aime

Ludivine a seize ans lorsqu’elle croise le chemin d’Angélique, une jeune fille de son âge et, dès le premier regard, la jeune adolescente timide, en mal de reconnaissance, va tomber amoureuse de cet être solaire qui représente pour elle tout ce qu’elle n’est pas.

Aveuglée par cet amour de jeunesse qui la poursuivra toute sa vie, elle se laissera entraîner dans une spirale infernale dont l’issue sera dramatique…

 

Extrait

"J’ignore depuis combien de temps je suis assise dans ce bureau, une heure… deux heures… J’ai perdu toute notion du temps qui passe.

L’officier de police qui m’interroge est une jeune femme, d’une trentaine d’années, grande et élancée sans être maigre, car on devine le rond de ses muscles sous son tee-shirt. Elle est jolie avec son visage fin, illuminé par des mèches blondes qui parsèment ses cheveux châtains. Elle me pose des questions avec douceur, voire une certaine bienveillance en me regardant de ses grands yeux verts qui semblent étonnés de me voir là, en ce lieu, comme si je n’étais pas à ma place.

- Reprenons, dit-elle, assise devant son ordinateur. Pouvez-vous me redonner votre nom ?

- Monerot.

- Prénom ?

- Ludivine.

- Date et lieu de naissance ?

- Vingt février mille neuf cent soixante-dix à Montpellier.

Elle relit ce qu’elle vient d’écrire puis me dévisage à nouveau.

- Bien ! reprend-elle, reconnaissez-vous que dans la soirée d’hier, samedi treize juin deux mille vingt, vers vingt heures, vous avez volontairement tiré plusieurs coups de feu sur Mademoiselle…

Sa voix se perd dans un épais brouillard, ma vue se trouble et c’est le trou noir… Lorsque je reprends mes esprits, je suis allongée par terre et la première chose que je vois est le visage inquiet de la policière penchée sur moi. Elle n’est pas seule, un gardien de la paix se tient à ses côtés.

- Que m’est-il arrivé ? Je bredouille, les idées pas encore tout à fait claires.

- Vous avez eu un malaise, me dit la jeune femme, ne bougez pas, nous avons appelé un médecin.

- Oh ! Ce n’était pas nécessaire, je suis coutumière de ce genre de chose, ça va aller. Je fais mine de me relever, mais mes jambes se dérobent et je m’accroche au bras de la jeune femme qui me soutient avec force.

- Vous êtes certaine que ça va ? me demande-t-elle.

- Oui, oui, ne vous inquiétez pas, dis-je avec un pauvre petit sourire à l’intention de la jeune femme qui décidément me plaît bien.

Avec l’aide de son collègue, elle me remet sur la chaise.

- Voulez-vous un verre d’eau ?

- Oui, merci.

Elle fait un signe de la tête en direction de l’homme et celui-ci quitte la pièce. Lentement je reprends pied, même si je me sens encore un peu faiblarde. Il faut dire qu’il y a des heures que je n’ai pas dormi, ni mangé…

- Mon collègue va vous ramener un verre d’eau et un sandwich.

- Je n’ai pas faim.

- Si, si vous allez manger un peu, insiste-t-elle, ensuite nous reprendrons cet interrogatoire et vous allez m’expliquer tout ce qui s’est passé, depuis le début.

Le médecin qui m’a examinée a jugé que je n’étais pas en état de poursuivre l’interrogatoire et m’a fait transférer à l’hôpital. Maintenant, allongée sur mon lit, une perfusion de sérum glucosé, branchée dans le bras, j’essaie de reprendre le cours des évènements.

« Vous allez tout me raconter depuis le début » a dit la jeune policière. Raconter tout depuis le début, mais quel début ? Il y a six mois, cinq ans, dix ans ! Non, sans doute que tout cela a commencé il y a bien plus longtemps… Tout a commencé le jour où mon père a décidé de tout plaquer pour élever des chèvres dans les Cévennes."

 

Jacqueline Duvary

Jacqueline Duvary vit dans le sud de la France, dans le département du Gard où elle a exercé la profession d’infirmière libérale avant de se lancer dans l’écriture.

En 2015, elle reçoit le Prix AlterPublishing pour son premier roman Amours contraires. Depuis, elle a signé quatre autres romans dont Un jour d'hiver à Manhattan qui a cartonné l'an dernier.

Son dernier roman Je voulais tellement qu'elle m'aime... est plus sombre que les précédents.

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M
Un livre qui me tente bien, bises
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B
tu vas adorer
R
Ce bouquin me plairait bien. Doux weekend, Renée http://envie2.be/
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B
Bonne lecture
M
Le résumé ne m'excitait pas, l'extrait me fait changer d'avis !
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B
un extrait fait souvent la différence
T
Pas si facile à comprendre
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B
sujet délicat
B
Hello

Me voici de retour des Baléares après presque 3 semaines d’un merveilleux séjours en moto à Majorque. Ca nous a fait beaucoup de bien de décrocher un peu de tout. Bon d’accord maintenant il faut rentrer dans la dure réalité de la France et se réadapter de nouveau aux augmentations et aux interdictions… Evidemment quand on rentre d’un si long sejour, il y a beaucoup de choses à faire donc, je ne reprendrai que mes articles du blog à partir de Lundi. En attendant je te souhaite un bon week end
Pat
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B
Super de te lire à nouveau