Aucune gomme n’efface le manque un roman de Robert Cappadoro

Un premier roman à 75 ans ! Robert Cappadoro, ancien scénariste et réalisateur de télévision et de court-métrages (« Sibylle », nommé aux Césars et multi primé) n’a jamais cessé d’être habité par la passion d’inventer des histoires.

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Aucune gomme n’efface le manque

L’histoire qu’il vous raconte dans ce roman vous mènera de rebondissement en rebondissement comme un véritable film.

À l’aide d’une écriture fluide et efficace mise au service d’une atmosphère tour à tour sombre et pleine de tendresse et d'espoir, Robert Cappadoro déroule un récit qui ne se contente pas de vous tenir en haleine mais qui, en explorant la question du Manque, embrasse les destins de ses personnages pour atteindre à l’essence de la psyché humaine avec une pertinence parfois douloureuse mais toujours percutante.

Quatrième de couverture

François Ponthil, un directeur de banque de quarante-cinq ans, glisse dans son cercueil avant qu’on ne l’enterre le téléphone mobile de sa fille Manon, morte à dix-sept ans. Il veut lui dire quelque chose qu’il n’ose formuler que par ce moyen, même si sa démarche n’est que symbolique.

Le soir même il l’appelle et lui laisse un message où il avoue avoir commis quelque chose d’impardonnable le jour de sa mort. À peine l’avons-nous appris que son propre téléphone sonne : le nom de Manon s’inscrit sur l’écran…

Il va découvrir que c’est Cindy, une employée du funérarium de dix-huit ans, qui a volé le téléphone dans le cercueil et qui l’appelle. Insatisfaite de son sort, pleine de rancœurs qui la rendent hautement toxique, Cindy est un être violent, pervers, manipulateur, qui va utiliser les données contenues dans le téléphone pour exploiter la culpabilité de François, le faire souffrir et essayer de détruire sa vie.

Mais c’est aussi un personnage extrêmement intelligent, capable d’évoluer, de se transformer pour accéder à une certaine forme de lucidité sur elle-même et sur le monde. Sous sa manipulation et son sadisme, c’est dans la quête du Père que Cindy s’est engagée et, à travers celle-ci, c’est la question du Manque qui est explorée.

Extrait du livre

 « Ah tiens il bouge, le père ! il se penche sur la morte. Mais qu’est-ce qu’il trafique ? il défait les boutons qui ferment le haut de sa robe. Il glisse un téléphone mobile dedans ! son téléphone à elle, c’est sûr. Il reboutonne la robe. Il est malade ou quoi ? Qu’est-ce qu’il veut faire ? parler avec elle quand elle sera dans la tombe ?

Cindy ricane : si c’était possible, en tout cas il y aurait plus de batterie au bout de quelques heures. Ah voilà qu’il ressort ! D’écran en écran elle le voit suivre des couloirs et se diriger vers le hall où commencent à s’amasser les pleureuses hypocrites. Elle a eu le temps de voir que le mobile était un iPhone.

Quelle version ? ça elle sait pas, c’était trop petit dans l’image. Mais de toute façon un iPhone, ça vaut le coup de le récupérer. Elle se dépêche de sortir du local technique et, seau, balai et serpillère à la main, entre dans la chambre funéraire déserte. Elle jette un coup d’œil à la caméra, en hauteur dans un angle.

Elle sait que les enregistrements ne sont visionnés qu’en cas de problème. Vite fait, elle déboutonne la robe de la morte sans un regard sur son visage, glisse la main dedans, chope le téléphone, se le met dans la fouille et referme la robe.

Elle foutra en l’air la carte SIM et, avec tous les mecs qui passent au squat, elle trouvera facilement à le revendre. Quel coup de bol de tomber sur une pareille occase ! un téléphone à piquer sans aucun risque.

Tranquille Émile, à l’aise Blaise, elle a eu qu’à se servir. Super cool ! On saura même pas que quelqu’un l’a piqué, le téléphone : personne va descendre dans la tombe pour s’en apercevoir ! Et en plus elle a vu ça sur l’écran, comme à la télé, et elle est rentrée dans l’émission. Les anges de la téléréalité à la morgue !

 « Un truc comme ça, ça n’arrive jamais mais ça t’est arrivé à toi, petite veinarde ! t’as le cul bordé de nouilles, ma belle, la chance a un plan pour toi, ma parole ! »

Robert Cappadoro : 75 ans - En retraite mais pas en retrait.

Né de parents italiens, en 1946, en Tunisie et ayant l’option entre les nationalités italienne ou française par suite d’un accord entre les deux pays concernant les ressortissants italiens nés en Tunisie après 1945, Robert Cappadoro a choisi à sa majorité d’être français, surtout par attachement à la culture française, notamment à ses grands écrivains qu’il a dévorés dès son plus jeune âge.

Aucune gomme n'efface le manque_Photo auteur Robert Cappadoro
Robert Cappadoro

En 1968 il est entré par concours à l’IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques - actuelle FEMIS) en section Réalisation et a mené entre 1970 et les années 2000 une carrière d’auteur-réalisateur de télévision et de courts métrages (notamment « Sibylle », court métrage nominé aux Césars et plusieurs fois primé y compris en 2010).

Cette carrière l’a absorbé mais son goût pour l’audiovisuel n’excluait pas celui de la littérature qui s’est matérialisé dans plusieurs manuscrits de roman dont celui-ci : « Aucune gomme n’efface le manque ».

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