Le Dimanche perdu est bien plus qu’une simple bande dessinée : c’est une véritable respiration nécessaire dans notre monde à cent à l’heure, signée par la talentueuse Ileana Surducan.

Titre : Le Dimanche perdu
Autrice (Scénario & Dessin) : Ileana Surducan
Date de parution : 25 Février 2026
Nombres de pages : 72 pages
Éditeur : Les Aventuriers D’ailleurs
ISBN : 978-2386040986
Une quête onirique contre l’épuisement moderne
Avez-vous déjà eu l’impression que les jours vous filent entre les doigts comme du sable ? Pour moi, ouvrir Le Dimanche perdu a été un choc esthétique et émotionnel immédiat. Dès la première page, nous sommes happés dans un univers où le temps n’est plus une abstraction, mais une menace physique.
Dans le monde de la jeune Nina, notre héroïne, le concept même de repos a été rayé de la carte. Du lundi au samedi, les corvées s’enchaînent sans la moindre interruption. Imaginez une vie où la pause n’existe plus, où chaque seconde doit être « productive ». C’est ce quotidien étouffant que décrit l’autrice avec une justesse incroyable, faisant écho à nos propres vies parfois saturées. Personnellement, j’y ai vu un miroir très clair de nos sociétés contemporaines où l’on ne s’autorise plus à s’arrêter.
Le Dimanche perdu : quand les jours deviennent des loups
L’idée de génie d’Ileana Surducan réside dans la personnification du temps. En s’appuyant sur l’expression « avoir une faim de loup », commune au français et au roumain, elle transforme les jours de la semaine en loups voraces. Ces créatures, inspirées des proverbes roumains et du pelage des samoyèdes, dévorent littéralement le temps des habitants.
C’est une métaphore puissante : le travail et les obligations sont ces prédateurs qui nous consomment. Dans ce récit, le septième loup, le plus doux, celui qui permet de souffler, a disparu. On raconte qu’une redoutable sorcière le retient prisonnier au fond d’un puits. Pour moi, cette descente au fond du puits que高 entreprend Nina est l’une des plus belles allégories du droit au repos que j’ai pu lire récemment en bande dessinée.
Un conte moderne inspiré du folklore universel
Si l’histoire résonne autant, c’est parce qu’elle puise ses racines dans des récits ancestraux. Ileana Surducan s’est librement inspirée de plusieurs œuvres classiques :
- La Fille du bon vieil homme de Petre Ispirescu.
- Dame Hiver des frères Grimm.
- La Fille de la vieille femme et du vieil homme de Ion Creanga.
Ce qui est fascinant, c’est de voir comment ce schéma narratif, que l’on retrouve du Japon à la Scandinavie, est ici réinventé pour parler de burn-out. L’autrice a d’ailleurs commencé à créer cette œuvre alors qu’elle souffrait elle-même d’épuisement professionnel. Cette sincérité infuse chaque planche et donne au récit une profondeur organique.
Deux niveaux de lecture pour toute la famille
L’une des grandes forces de cet album est sa capacité à s’adresser à tous, « de 7 à 77 ans ». Le graphisme, aux couleurs superbes et au style « mignon » et onirique, ravira les enfants dès 9 ou 10 ans. Pour eux, c’est une aventure épique : une petite fille courageuse, une sorcière maléfique et des loups mystérieux.
Mais pour vous, lecteurs adultes, la lecture sera différente. Derrière les aquarelles vibrantes, vous percevrez la critique de la productivité toxique. Le voyage de Nina, parsemé de rencontres et de demandes d’aide, montre que le chemin parcouru compte autant que la destination. J’ai particulièrement aimé son alter ego « bien apprêtée » qui illustre parfaitement la pression sociale de la perfection.
Pourquoi vous devez lire Le Dimanche perdu ?
Personnellement, j’ai été ému par la conclusion de l’ouvrage. La fin est porteuse d’espoir : elle ne dit pas qu’il ne faut plus faire d’efforts, mais elle rappelle avec force qu’il nous faut impérativement du temps libre pour décompresser. C’est une œuvre qui fait du bien à l’âme.
Le graphisme nous fait quitter la grisaille d’un monde stressant pour nous faire redécouvrir la joie simple de s’appartenir à nouveau. En bonus, le dossier à la fin de l’album est une mine d’informations passionnante sur les coulisses de la création et les inspirations folkloriques de l’autrice. Une véritable cerise sur le gâteau !
Le Dimanche perdu, Un conte aquarellé pour ceux qui ont oublié comment on se repose
Il y a des albums qui ne cherchent pas à nous impressionner, mais à nous ralentir. Le Dimanche perdu fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, on a l’impression d’entrer dans une bulle pastel où le temps s’étire, comme si l’aquarelle elle-même avait décidé de respirer un peu plus lentement. C’est une sensation rare, presque physique : on lit, et soudain on se surprend à relâcher les épaules.
L’histoire est simple, mais elle touche juste. Nina se réveille un matin et découvre que le dimanche a disparu. Plus de pause, plus de respiration, plus de ce jour un peu mou où l’on traîne en chaussettes. Pour le retrouver, elle descend dans un puits, affronte une sorcière, rencontre un double paresseux… autant de figures qui semblent sorties d’un folklore ancien, mais qui parlent étrangement de nous, de nos agendas saturés, de nos semaines sans interstice.
Ileana Surducan s’inscrit clairement dans la tradition du conte européen — on pense à Dame Hiver, à ces récits où le merveilleux sert à remettre le monde en ordre. Mais elle le fait avec une douceur contemporaine, sans morale assénée. Le message n’est jamais lourd : il flotte, comme un parfum de bon sens qu’on aurait oublié.
Graphiquement, l’album est un petit bijou. L’aquarelle donne aux décors une texture presque tactile, et les couleurs pastel enveloppent chaque scène d’une chaleur discrète. Même les monstres semblent aimables, comme s’ils avaient été dessinés par quelqu’un qui refuse de croire que la peur doit être laide. Il y a dans ces pages une tendresse qui ne s’explique pas, mais qui se ressent — un peu comme ces dimanches d’enfance où rien ne se passait, et où c’était très bien ainsi.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Surducan parle du repos sans jamais le réduire à une parenthèse. Le dimanche n’est pas un luxe, ni une récompense : c’est une nécessité vitale, un espace où l’on se retrouve. En suivant Nina dans sa quête, on comprend que perdre le dimanche, c’est perdre un morceau de soi.
En refermant l’album, j’ai eu cette impression douce-amère qu’il venait de me rappeler quelque chose d’essentiel. Pas une grande leçon, pas un manifeste — juste une évidence : on ne peut pas vivre sans lenteur. Et peut-être que la vraie magie de ce livre, c’est de nous donner envie de protéger nos dimanches comme on protège un trésor fragile.
Un conte moderne, lumineux, qui parle aux enfants avec sincérité et aux adultes avec une délicatesse presque nécessaire. Un petit rappel, en couleurs, que le repos n’est jamais du temps perdu.
FAQ : Tout savoir sur la BD Le Dimanche perdu
Cet album est conçu pour être lu par un public très large. Les enfants dès 9 ans apprécieront l’aventure et le côté conte merveilleux, tandis que les adultes y trouveront une réflexion profonde sur le burn-out et la gestion du temps.
Le récit aborde principalement le droit au repos, la pression sociale liée au travail, l’épuisement professionnel et la nécessité de préserver des espaces de liberté collective face à une société de plus en plus exigeante.
L’autrice mélange le folklore roumain (notamment les contes de Petre Ispirescu) avec une esthétique moderne à l’aquarelle. Elle s’inspire également de proverbes traditionnels pour créer le design original des jours-loups.
Conclusion : Un trésor à partager
Le Dimanche perdu est une pépite graphique et narrative qui nous invite à ralentir. C’est le cadeau idéal à se faire à soi-même ou à offrir à un proche qui a besoin de se souvenir que le repos n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Une magnifique réussite que je ne peux que vous recommander chaudement !
Et vous, avez-vous parfois l’impression que votre « dimanche » a été volé par le quotidien ? Dites-le nous en commentaire, nous serions ravis d’échanger avec vous sur votre rapport au temps !






