Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rainfolk's diaries

Partageons nos lectures ! Roman, polar, thriller, fantasy, fantastique, science-fiction, bd, jeunesse.

Didier Voyenne publie un thriller et deux pièces de théâtre

Un thriller qui se focalise sur le personnage principal (Le Palindrome), une pièce de théâtre absurde à la Beckett ou à la Ionesco (Têtes en l'hair), une pièce psychologique analysant les ressorts de l'anachorète, son personnage central (L'Anachorète parisien)...

 

L’univers de Didier Voyenne

Découvrir l'univers de Didier Voyenne, c'est aller à la rencontre de personnages attachants, de lieux marquants et de contextes forts en émotions.

Sous la plume de cet auteur atypique, déjà connu pour ses nombreux livres financiers, naissent des œuvres singulières, captivantes, dans lesquelles se glisse toujours une pointe d'humour.

Au fil des pages, les lecteurs.trices peuvent aussi y puiser des réflexions courtes et inspirantes sur le monde qui nous entoure.

 

Le Palindrome, thriller

Histoire d’une chute et d’une résilience, mené comme un thriller, Le Palindrome a pour thème la vengeance dont l’auteur s’interroge sur la pertinence. Une fois encore, pour son troisième roman, il y met en scène des personnages attachants ou intrigants au service d’un récit, conté par le héros.

Didier Voyenne palindrome rainfolk

Extrait

Il y a du monde sur la belle avenue – d’aucuns disent : la plus belle ! Quelle prétention ! Faut-il ne pas avoir voyagé ou être un patriote trop imbu pour être honnête ! – et moi j’ai l’air d’un con avec ma petite valise défraichie et peu d’argent en poche. Ils sont tous pressés, emmitouflés, le regard vague, ne s’intéressant à personne.

Ai-je bien eu raison de sortir de ma taule ?

J’ai quarante ans et plus de douze ans d’expérience de prison sur mon CV. Je ne sais pas où aller. Suis-je aigri ? Non, pas vraiment. Pour tenir, je me balançais des pensées idoines : « On ajoute à l’esprit ce qu’à la chair on ôte » ou « Ce qui ne tue pas rend plus fort ». C’est bête, toutefois ça marche, cette sorte de mantra ou de prière qui occupe l’esprit et qui donne une certitude : « Je m’en sortirai ! ».

 Je suis sorti, effectivement, mais de là à dire que je m’en suis sorti, il y a un grand pas. Mon corps est hors de la prison, cependant mon esprit est encore incarcéré, non pas par la prison des hommes mais par les murailles fantasmatiques que j’ai érigées pour me protéger et qui sont loin d’être tombées ce matin parce que j’ai franchi un seuil à cinq heures cinquante.

Allons ! Du courage ! Il faut faire quelque chose de symbolique quoique concret. Je compte mon argent, symbole comme un autre. J’ai de quoi me payer le coiffeur et changer de garde-robe. Attention, pas de quoi faire des folies ! Ici, c’est trop cher, je vais aller au quartier Saint-Antoine.

 

Têtes en l'air, pièce de théâtre

C’est pour Didier Voyenne un jeu de défouloir, dés cubiques que l’on prend pour des billes débiles, gratuit pour lui, payant pour les spectateurs, ou l’inverse d’ailleurs, ou encore les deux, c’est-à-dire payant car rien n’est gratuit sur cette terre ou sur cet air ou sur cette erre ou sursitaire ou...

Sur un rythme haletant, il s’agit d’une course, pied au plancher, de mots hauts bas de plafond ou de quand dit ratons laveurs du sol au plafond, puisque le plancher est le plafond ou vice versa. Non, en fait il s’agit d’une course échevelée, ce qui est curieux quand on comprend que c’est tiré par les cheveux, et seuls les chauves apprécieront puisqu’ils sont au bout du processus ; les chevelus auront d’abord mal, surtout les dames ; les mécheux éméchés n’y verront rien car saouls dessus. Cela convient donc à tous. Quand on arrive au bout, on dit ouf face aux ouf, ce qui est bien le thème de l’histoire.

Didier Voyenne tetes en l air rainfolk

Extrait

Le narrateur

Ah ! J’allais oublier. Les personnages ! Que vous dire ? Je ne les connais pas et ils me le rendent bien, c'est-à-dire qu’ils ne me connaissent pas non plus, étrange non ? Là, je suis comme vous, je vais les découvrir.

Ne vous en faites pas, je ferai mon métier de narrateur, j’improviserai mon texte appris par cœur auquel l’auteur ne veut pas que l’on change un iota malgré toutes les circonstances possibles, y compris quand on l’oublie. Comme j’ai lu le programme… pas vous ?

 Vous pouvez encore l’acheter… vous voulez ? (un comédien se présente au bord de la scène avec des programmes)... Vous voulez pas ? (le comédien se recule) Trop cher peut-être ? (le comédien jette les programmes dans la coulisse)

 

Le narrateur (au comédien)

Pas de fromage au dîner ce soir. Ce sont des rats (il désigne le public, en faisant le dégouté), ils l’ont bouffé avant et plus un rond pour les programmes. D’accord, à la fin ils devront payer un droit de sortie…

 (il s’adresse au public en souriant largement) 

Ah, bon ? Vous ne le saviez pas ? Le droit d’entrée ne suffisant plus à nous nourrir, nous avons trouvé qu’un droit de sortie s’imposait ; comptez vos sous, c’est le double du droit d’entrée… (s’adressant de nouveau au comédien), mais quand même, ils pourraient faire un effort ! Heureusement que je pense au chiffre d’affaires, moi ! (le comédien acquiesce) ; tu sais, pendant que je parle, c’est pour ça que ça dure, je les compte, tu veux que je te dise combien on a fait de recette ce soir ? (le comédien hoche la tête positivement avec de gros yeux hilares).

Alors, mmmun multiplié par mmmun, ça fait… (il s’aperçoit que le public est là et attend le chiffre ; il prend un air idiot puis se reprend)… pas lerche ! (le comédien baisse les épaules et devient triste, déçu)

 

L'Anachorète parisien, pièce de théâtre

Depuis son divorce, Antoine vit seul avec son chat Moïse, son confident. La seule femme dans sa vie est désormais Madeleine, la concierge de l’immeuble dans lequel il vit.

Pleine de bon sens, indiscrète et envahissante, elle n’a pas sa langue dans sa poche et sa chatte Noé, à bien des égards, lui ressemble, tout comme Moïse est le reflet d’Antoine.

Un jour, Antoine reçoit une lettre inquiétante et menaçante. Qui vient troubler sa quiétude ? Que veut-on de lui ?

Il s’en ouvre à son ami Philippe qui va mettre sur l’affaire Étienne, un inspecteur qu’il connait très bien aussi. D’autres lettres de la même eau que la première arrivent. L’enquête est lancée…

Mais quels sont les vrais rôles de Moïse et Noé ?

Didier Voyenne Anachorète parisien rainfolk

Extrait

Antoine est occupé à débarrasser sa table où il vient de déjeuner ; il range quelques denrées dans le réfrigérateur ; il s’apprête à faire sa vaisselle ; il prend une petite assiette dans laquelle, après un tri soigneux, il dispose des reliefs de viande de son repas. 

Moïse avec sa patte ouvre grand la fenêtre déjà entrouverte de la pièce adjacente et saute dans la cour. 

Antoine

Moïse, Moïse, (en élevant la voix) Moïse ! Où es-tu passée, sale bête ? Pourquoi je dis sale ? Il n’y a pas plus propre que lui ! Bête ? Non ! Animal, oui ! Intelligent même… (rêveur) Toi, tu sais ouvrir les portes en pesant de tout ton poids sur les poignées ou en les poussant avec ta tête si elles sont entrouvertes, tu frappes au carreau avec ta patte sans te lasser jusqu’à ce que l’on t’ouvre. Si tu n’as pas à manger ici, tu vas trouver ailleurs.

Toi, tu sais être seul quand tu le souhaites et trouver de la compagnie quand tu en as besoin. Quand tu pars en goguette plusieurs jours, tu ne te poses pas de question, tu sais que je serai là à ton retour, que je m’inquiéterai, que je ferai le tour du quartier, que je mettrai Madeleine sur le coup.

Tu ne te poses pas la question de savoir s’il fait chaud ou froid, ce que l’on mange à midi, quel est le cours du pétrole ou le taux de l’épargne. Tout ce que tu possèdes, tu l’as sur toi avec, toi ; ce que tu possèdes c’est toi et tu ballades ton «toi» partout où tu veux et tu n’as besoin de toit puisque tu as un toi ; tu me suis ?

Réapparaît la tête de Moïse à la fenêtre de la pièce adjacente qui acquiesce de la tête, puis qui brusquement disparaît. 

Antoine

Mais non ! Tu ne peux pas comprendre. Comment peux-tu savoir que tu as un «toi» ? D’ailleurs, le savoir ou pas n’a aucune importance, tu l’as et cela te suffit ; et puis tu es bien là où tu es et si ça ne va pas, tu changes d’endroit ; en somme tu es heureux, toi. (revenant à la réalité) Alors, tu viens ? Jamais là quand on a besoin de lui.

Besoin ?

Antoine, t’es ridicule, tu n’as pas besoin de lui, là, tout de suite ; tu veux simplement te débarrasser de cette foutue assiette. Bon d’accord, Moïse, je t’ai viré de la table tout à l’heure, mais je ne pouvais quand même pas manger alors que tu me regardais droit dans les yeux, c’est gênant, non ?

Bon, d’accord, j’aurai dû te servir avant, mais pour te réserver ces restes de viande, (il désigne l’assiette) il fallait bien que j’en mange un peu, non ?

 

Didier Voyenne

Didier Voyenne est né en 1956 à Compiègne au sein d’une famille de quatre enfants dont il est le dernier. Il habite aujourd’hui la Région Parisienne mais le midi de la France, où il a passé son enfance et son adolescence, et l’île de La Réunion, patrie de son épouse, sont aussi des lieux qu’il aime à fréquenter. Il est marié, père de trois fils et beau-père de deux filles, mais aussi grand-père trois fois.

 

Après trois ans passés au Lycée Militaire d’Aix-enProvence où il obtient son bac, il suit une année de classe préparatoire à HEC au Lycée Louis-Le-Grand à Paris puis intègre l’ESSEC à Cergy-Pontoise. Il suivra plus tard des études au Conservatoire National des Arts et Métiers où il obtiendra un Master 2 en Stratégie et Expertise Financières.

didier voyenne rainfolk

Pendant plus de vingt ans, il a pratiqué les échecs en compétition. Il aime la marche, le ski alpin et la randonnée en forêt ou en montagne ainsi que les sorties ou voyages itinérants en VTT.

 

Il mène une vie professionnelle intense exercée dans diverses entreprises industrielles ou de services dans les domaines comptables et financiers. La finance d’entreprise, dont il connaît toutes les techniques et toutes les facettes, est le métier de Didier Voyenne. Il l’a enseigné pendant de nombreuses années à l’ESSEC et intervient aujourd’hui au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Il a également co-écrit sur cette matière des ouvrages techniques tels que La Nouvelle Trésorerie d’Entreprise (Dunod), Le Credit Management en pratique (Les Éditions d’Organisation), Le Besoin en Fonds de Roulement, Le Crédit Inter-entreprises et La Finance Participative au service des entreprises (Economica/Collection AFTE) ou participé à un ouvrage collectif Finance et Contrôle au quotidien (Dunod).

 

Cependant, le théâtre, le cinéma et la littérature sont ses centres d’intérêt personnels, et l’écriture son envie profonde. Il a écrit trois romans, dont deux publiés aux Editions Thélès (Paris) : Le Talent de Vincent et Le Gonmina ; et l’un chez AlterPublishing : Le Palindrome. Il a aussi écrit Têtes en l’hair et L’anachorète parisien, deux pièces de théâtre publiées chez AlterPublishing.

 

Au-delà de son amour des mots et des arts, que ce soit la peinture et la littérature, il y exprime un romantisme moderne et un goût prononcé pour ses personnages qu’il fait évoluer dans des contextes forts en émotions et dans des lieux marquants.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

lemenuisiart 09/08/2020 18:55

Il travail bien, bravo à lui

Bernie 11/08/2020 17:21

Il le mérite

dom 07/08/2020 07:49

Il est très prolifique, monsieur voyenne et dans des genres très différents ...
Bonne fin de semaine, avec des bisoux, cher bernie.

Bernie 07/08/2020 17:52

Oui c'est intéressant

trublion 07/08/2020 07:47

de l' humour et de l' originalité, un anachorète parisien, il fallait oser

Bernie 07/08/2020 17:52

Et il a osé.